L’équation gagnante pour la France: -30% de CO2 = + 684 000 emplois

Friday 20 March 2009
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Pensiez-vous qu’en voulant réduire notre consommation de carbone ou le réchauffement climatique, nous pourrions avoir un effet positif sur les emplois ou le taux de chômage ?

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C’est pourtant les conclusions d’une étude scientifique réalisée par l’association WWF intitulée :
-30% de CO2 = + 684 000 emplois, L’équation gagnante pour la France

Bien évidemment comme c’est une projection dans le futur et que cela reste une étude, il y a des hypothèses de départ ou de fin qui doivent être posées et qui ne peuvent être totalement confirmées au jour d’aujourd’hui.
Par exemple les principales hypothèses de cette étude sont qu’il y aura toujours du chômage en nombre conséquent dans les années 2020 en France (sinon au lieu de création d’emplois il y aurait hausse de salaire et augmentation de la consommation, ce qui invaliderait l’étude) ou encore l’hypothèse que le cours du baril de pétrole aura remonté à 100 dollars… cela pourrait être bien plus (ce qui provoquerait davantage d’emplois) ou à l’inverse cela pourrait rester bas et donc changerait complètement les résultats de cette étude.

De même le scénario retenu et envisagé pour réduire la consommation de carbone est celui de l’Association Negawatt.

L’association négatWatt cherche à promouvoir une alternative crédible à l’augmentation infinie de nos consommations d’énergie. Le scénario négaWatt, développé par des dizaines d’experts et de praticiens de l’énergie membre de l’association, repose sur des techniques prouvées et sans risque.

Scénario NégaWatt:

• la sobriété énergétique à tous les niveaux de l’organisation de notre société et dans nos comportements individuelles coûteux.

• l’amélioration de l’efficacité énergétique de nos bâtiments, de nos moyens de transport, de tous les équipements que nous utilisons, afin de réduire les pertes, pour mieux utiliser l’énergie et en augmenter les possibilités.

• enfin, la production à partir d’énergies renouvelables, par définition inépuisables, décentralisées et à faible impact sur notre environnement.

Voici le bilan de ce scénario possible:

L’évaluation du bilan sur l’emploi prend en compte les créations et destructions d’emplois directs et indirects, ainsi que ceux « induits » par le surcoût (ou le gain) économique de la stratégie de réduction des émissions. Il apparaît que l’effet sur l’emploi est extrêmement positif puisque 684 000 emplois nets sont créés d’ici à 2020.

Grosso modo voici la répartition des emplois crées ou détruits dans ce scénario et hypothèses choisies:

• emplois crées :
– dans les énergies renouvelables (316 000 emplois)
– dans l’efficacité énergétique (564000 emplois)
– si baril à 100$, économie nette pour les ménages et donc hausse de leur consommation (48 000 emplois)

• emplois détruits :
– dans les filières énergétiques (138 000 emplois)
– dans les filières automobiles (107 000 emplois)

Par contre, un scénario faisant davantage appel aux techniques intensives en capital que sont le nucléaire et le stockage géologique du CO2 aboutirait probablement à un résultat beaucoup moins favorable à l’emploi.

Cependant comme les hypothèses énoncées paraissent tout de même assez réalistes.. on peut se réjouir du résultat de l’étude… car cela permettra peut-être de favoriser des décisions dans le sens du développement durable. Cette étude suggère que la France et l’Europe doivent agir au plus vite (plus tôt la France prendra cette voie et plus l’impact sur l’emploi sera positif) et doivent modifier en profondeur leurs économies d’ici à 2020 afin de réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, sur leurs propres territoires.

Voici d’autres extraits de l’étude:

Loin de menacer l’emploi, une politique climatique ambitieuse est un formidable levier pour permettre la création massive d’emplois en France et en Europe. Un argument supplémentaire pour que la France et ses partenaires européens s’engagent à réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2020.

Soulignons enfin que dans le scénario négaWatt, une partie importante des économies d’énergie et de la baisse des émissions de gaz à effet de serre provient de la «sobriété», laquelle ne résulte pas en général d’investissements supplémentaires, contrairement aux deux autres volets de la «trilogie négaWatt», les renouvelables et l’efficacité énergétique.

Ces comportements de sobriété peuvent provenir de politiques de type réglementaire (contrôle de la température dans les bureaux…), fiscal (taxe sur la consommation d’énergie…) ou de sensibilisation.

La sobriété détruit des emplois dans les branches qui fournissent l’énergie, mais réduit la facture énergétique, libérant du pouvoir d’achat qui sera dépensé dans d’autres branches, où il va créer des emplois. L’effet net sur l’emploi des actions de sobriété est alors positif si le contenu en emploi des branches énergie est inférieur à celui de la consommation des ménages en moyenne (ce qui est le cas selon nos calculs), négatif dans le cas contraire.

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