Manifeste pour une enfance heureuse de Carl Honoré

Monday 12 October 2009
Comments Off on Manifeste pour une enfance heureuse de Carl Honoré

Cela fait plus d’un an au moins que j’ai lu ce livre, mais je voudrais enfin prendre le temps de faire un petit billet dessus car je pense que c’est important de nos jours de dire (comme le dit si bien Carl): “Halte aux emplois du temps surchargés et à la course à la performance!”.

livre_manifeste_enfance_heureuse_carl_honore

L’idée derrière ce livre est donc de nous faire prendre conscience qu’on doit laisser les enfants rêver, rêvasser, s’ennuyer même, faire des découvertes, aventures par eux-même… qu’ils puissent réellement se réapproprier leur temps et en faire ce qu’ils veulent. Je trouve très juste le message qu’il essaie de nous faire passer dans son livre… il évoque beaucoup de témoignages de familles et de cultures du monde entier. On découvre que les enfants ne sont pas forcémment mieux lotis quand ils reçoivent des tonnes de jouets ou sont inscrits à des nombreuses activités extra-scolaires, car ils n’ont plus le temps de souffler et parfois ils deviennent totalement dépendants, “à la tanguy”, de leurs parents même une fois devenus adultes…

Il parle de compétition en montrant à quel point on peut être parfois obnibulé par la compétition, la réusssite… une certaine façon d’aborder le monde… à travers notre comportement et notre envie que nos enfants réussissent, deviennent les meilleurs.

Il y a beaucoup de choses à retenir de ce livre afin de trouver le juste milieu dans l’éducation que l’on donne à nos enfants… il ne dit pas qu’il faut ne pas les inciter à travailler à l’école… mais c’est en fait dans quel état d’esprit et l’approche de l’enseignement aussi qui comptent beaucoup… il faut faire la différence entre “apprendre le goût aux enfants d’apprendre” ou juste “apprendre, rabacher juste pour obtenir une bonne note” et ensuite terminé.. on ne s’intéresse plus au sujet… Il faut laisser les enfants explorer, devenir curieux… ne pas leur voler leurs moments en organisant tout pour eux, en surveillant tout et en ne laissant plus de place pour du temps libre de toute contrainte.

Les exemples qu’il décrit paraissent parfois exaggérés, mais je crois que cela dépends beaucoup d’un pays à l’autre… nous nous reconnaissons tôt ou tard dans un travers… ils mentionnent par exemple des familles américaines qui passent tout leur temps libre dans leurs voitures à courir d’une activité extra-scolaire à une autre… ou encore des familles japonaises ayant inscrit leur enfants à des cours tardifs (bachotage dès l’âge de 2 ans!) pour devenir les meilleurs et ils rentrent totalement épuisés…

Il critique aussi l’excès de sécurité que l’on veut parfois avoir pour nos enfants quitte à les surveiller et protéger de trop… ou encore l’excès de jouets électroniques ou “éducatifs” qui ne laissent plus assez court à l’imagination.

Enfin, il présente diverses écoles et façon d’enseigner qui sont des alternatives au système standard tel que Reggio Emilia, Montessori, le système finlandais, les écoles dans la nature, l’école à domicile...etc.

Résumé officiel du livre:

Nous voulons pour nos enfants qu’ils aient le meilleur de tout et qu’ils soient les meilleurs en tout.

Trop souvent au détriment de leur équilibre, de leur bien-être, de leur bonheur. La compétition est partout, des premiers pas aux derniers diplômes. Nous voici à l’ère des enfants coachés avec des emplois du temps de ministre, soumis à une obligation de réussite, à l’école comme sur les terrains de sport, objets d’une surveillance de tous les instants. Cette pression commence pourtant à être sérieusement remise en cause, dans les médias ou par les gouvernants, mais aussi par les parents.

Et les enfants eux-mêmes réclament qu’on les laisse souffler. Après Eloge de la lenteur, Carl Honoré nous conduit une nouvelle fois de pays en pays, livrant des témoignages qui sont autant de pistes à suivre pour que nos enfants retrouvent leur enfance, libérés des diktas de l’excellence et de la performance.

Quelques extraits du livre:

page 26 :

Une génération privée de rêves

Elevés selon des critères de réussite qui ne sont pas les leurs, avec une interdiction absolue de l’échec, ces enfants peuvent aussi voir leur horizon se rétrécir. A une époque où la mondialisation exige de l’audace, nous apprenons à nos enfants à ne prendre aucun risque et à suivre une voie tracée par d’autres qu’eux.

page 27:

Dès que les adultes s’approprient l’enfance, les enfants se voient frustrés de tout ce qui fait la substance et le sens de la vie : les petites aventures, les escapades secrètes, les ratages et les contretemps, l’anarchie glorieuse et les moments de solitude ou d’ennui. Dès leur plus jeune âge, le message est clair: l’important n’est pas de trouver sa voie, mais de pouvoir exhiber le trophée adéquat;  (…) L’enfance moderne manque la liberté d’être soi. Et les enfants le savent: “J’ai l’impression d’être un projet auquel mes parents travaillent en permanence, nous dit Susan Wong, une jeune Canadienne de Vancouver agée de 14 ans. Ils parlent même de moi à la troisième personne en ma présence”.

page 32:

Marilee Jones: “Nous sommes en train d’élever toute une génération d’enfants pour notre seul plaisir, afin d’en retirer de la fierté et de la satisfaction et d’en faire ce que nous voulons qu’ils soient” (…) les enfants se développent quand ils ont assez de temps et d’espace pour respirer, traîner jusqu’à s’ennuyer, se détendre, prendre des risques et faire des erreurs, rêver et s’amuser selon leur règles, et parfois même échouer. Si nous voulons restaurer la joie des enfants, mais aussi des parents, il est temps que les adultes prennent un peu de recul et laissent les enfants être eux-mêmes.

page 164:

Domish Rainer: “Là-bas (en finlande), on ne considère pas les enfants comme de seaux que l’on doit remplir de 5, 10, 15 leçons par semaine, puis que l’on mesure examen après examen. Vous ne pouvez pas forcer un gamin à grandir plus vite pour qu’il se conforme à votre système, à votre calendrier ou à votre égo. Vous devez découvrir comment il apprends le mieux. Beaucoup de pays ont oublié cela.”

page 165:

Peter Kaasinen: “Le premier travail de l’école est nourrir la passion d’apprendre plutôt que de préparer des bêtes à concours”.

page 282:

Ce dont les enfants ont vraiment besoin et ce qu’ils souhaitent ardemment sont les choses que souvent nous avons le plus de mal à leur donner: du temps et de l’attention, sans condition. Quand ils ne l’obtiennent pas, ils optent pour l’argent.

Sommaire du livre:

  • C’est la faute aux adultes
  • Les jeunes années : un passage des étapes au rouleau compresseur
  • La maternelle : le jeu est un travail d’enfant
  • Les jouets : il suffit d’appuyer sur “Marche”
  • Technologie : la dure réalité
  • L’école : le temps des examens
  • Les devoirs : une épée de Damoclès
  • Les activités extrascolaires : repos
  • Le sport : retrouver le plaisir du jeu
  • La discipline : savoir dire non
  • Le consumérisme ou comment les enfants nous harcèlent
  • La sécurité : jouer avec le feu

Voici une petite vidéo de l’auteur du livre:

Carl Honoré est aussi l’auteur du best-seller “Eloge de la lenteur” que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire…

livre_eloge_lenteur_carl_honore

Les commentaires et pings sont actuellement fermés.